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Le Mas Soubeyran
30140 MIALET

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Ouverture :

Tous les jours du 1er mars au 30 nov.
de 9h30 à 12h00
et de 14h00 à 18h00

en juillet-août, tous les jours
de 9h30 à 18h30

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L’Assemblée 2016
1686 – 2016 : c’était il y a trois-cent-trente ans : Les réfugiés protestants de la Révocation

Le 24 avril 1686, l’Eglise réformée française de Francfort ouvre un registre pour consigner l’aide apportée aux réfugiés huguenots : Livre fait expressément pour les pauvres réfugiés, à cause de la grande persécution que l’on exerce contre la religion réformée en France. C’est que, depuis la révocation de l’édit de Nantes (1685), le flot des réfugiés enflait et ne paraissait pas près de tarir, alors même qu’il était interdit de quitter la France, sous de lourdes peines. La ville impériale de Francfort est devenue un des plus importants centres de premiers secours aux réfugiés, arrivés au péril de leur vie en terre étrangère, démunis de tout. En 10 ans, 63 700 hommes, femmes et enfants sont passés par la bourse de Francfort, avant de gagner le Brandebourg, la Hesse, ou la Hollande, et de là parfois l’Angleterre et l’Irlande.

Beaucoup de ceux qui passent à Francfort ont d’abord transité par la Suisse, où dès 1689, la pression est telle, qu’elle suscite des tensions xénophobes et qu’il faut fixer des quotas par cantons. En 1693, la grande famine amène les cantons réformés à organiser le renvoi de la majorité des réfugiés vers des territoires à coloniser.

Si l’histoire bouscule la légende dorée de l’hospitalité à l’égard des réfugiés huguenots, il n’empêche que, globalement, l’effort d’accueil de l’Europe protestante, compte tenu de l’ampleur du mouvement de population, a été impressionnant. Le mot même de « réfugié », connoté positivement, est entré dans la langue française comme substantif en 1685, pour signifier les protestants français ayant cherché asile à l’étranger.

Cette matrice de mémoire protestante a sans doute joué dans l’engagement de militants de la Cimade depuis 1940, en faveur des étrangers internés ou réfugiés en France. Il est certes un peu rapide de passer de l’histoire des réfugiés protestants de la fin du XVIIe siècle à celle des réfugiés du XXe siècle et plus encore des nouveaux réfugiés d’aujourd’hui – un million arrivés en Europe en 2015, poussés par la guerre et la persécution, en partie religieuse, au Proche-Orient. Mais c’est l’intérêt de l’histoire que d’aider à penser le présent.

Pour les protestants français, cette histoire est sensible, reliée à des motifs des Évangiles, des épîtres de Paul, ou ces versets du psaume 124 cité par un pasteur réfugié en Suisse, en 1689 : Notre âme s’est échappée comme l’oiseau du filet des oiseleurs ; Le filet s’est rompu, et nous nous sommes échappés. Notre secours est dans le nom de l’Éternel, Qui a fait les cieux et la terre.

Le culte à 10 h 30 sera présidé par Alain Arnoux, pasteur de l’Église protestante unie de France à Bourdeaux-Dieulefit-Valdaine. L’après-midi, on entendra les allocutions historiques de Pierre-Olivier Léchot, maître de conférences à la Faculté de théologie protestante de Paris, et Patrick Cabanel, directeur d’études à l’école pratique des hautes études, et le témoignage de Georgina et Antoine Dufoix. Le message final sera donné par Olivier Abel, professeur à l’Institut protestant de théologie à Montpellier.

 
 
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