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Le Mas Soubeyran
30140 MIALET

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Ouverture :

Tous les jours du 1er mars au 30 nov.
de 9h30 à 12h00
et de 14h00 à 18h00

en juillet-août, tous les jours
de 9h30 à 18h30

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tél +33 (0)4 66 85 02 72

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Archives

Assemblée du Désert 2001

Thème : "Vos fils et vos filles prophétiseront…"

L’Assemblée du 2 septembre 2001, au Mas Soubeyran, inaugurera un cycle commémoratif du mouvement camisard en Cévennes.

C’est, en effet, en 1701 qu’Abraham Mazel et Elie Marion, héros et narrateurs de la fameuse "Guerre des camisards" (1702-1705), situent l’origine de cette histoire : "Tout le monde sait le grand nombre d’inspirés que Dieu suscita (alors) dans les Cévennes pour prêcher sa Parole et pour réveiller le peuple protestant de l’assoupissement dans lequel il était depuis que le roi avait révoqué l’Edit de Nantes". Pour Abraham Mazel et Elie Marion, c’est l’Esprit "répandu sur plusieurs personnes de tout âge, de tout sexe" qui releva le peuple abattu dans le malheur. Leurs mots font écho à ceux du prophète Joël (3/1), relu comme Parole vive en ces temps où la Parole était interdite dans le royaume. Longtemps gommée de l’histoire du protestantisme français, la présence du prophétisme dans le mouvement camisard suscite aujourd’hui un regain d’intérêt chez les historiens.

Au-delà de l’évocation de ce tricentenaire, c’est le phénomène prophétique lui-même qui sera au cœur de notre réflexion. Traversant les Ecritures bibliques, présent aux origines du christianisme, resurgissant dans les temps de crise, le prophétisme, lié à l’attente intense des temps derniers, a accompagné la Réforme protestante du XVIème siècle et tous ses rebonds de Réveil, aux XVIIIème et XIXème siècles. Mais c’est sans doute depuis le début du XXème siècle qu’il a connu sa plus grande expansion en Amérique et en Europe. Toujours suspecte aux pouvoirs et aux Eglises établies, cette modalité effervescente de Parole interroge l’identité chrétienne et plus particulièrement protestante.

"Voici ce qui arrivera dans les derniers jours, dit Dieu : je répandrai de mon Esprit sur tout être humain. Vos fils et vos filles prophétiseront …". Ce verset de Joël cité par l’apôtre Pierre le jour de la Pentecôte (Act. 2/16-21), et à sa suite par tant de croyants d’hier et d’aujourd’hui, sera le fil conducteur de la journée.

Le culte du matin, à 10 h 30, sera présidé par Régina MULLER, pasteure de l’Eglise réformée de France à Uzès.

L’après-midi, on entendra les allocutions de Jean-Paul CHABROL, historien, et de Sébastien FATH, chercheur au C.N.R.S. Le message final sera donné par Marcel MANOEL, pasteur de l’Eglise réformée de France à Nîmes-Oratoire.

Assemblée du Désert 2000

Thème : Mille ans sont, à tes yeux, comme le jour d’hier …

D’avance, l’an 2000 avait été fasciné par ses propres zéros. Maintenant, il est là, avec ses peurs et ses jubilations, ses résurgences païennes et ses dérives superstitieuses. Même au Désert, il serait difficile de ne pas entendre tout ce bruit. Quelles commémorations pour l’an 2000 ? Une tentation que l’on voit se répandre serait d’enfermer sous les clefs d’un bimillénaire dominateur le premier Noël de l’histoire. Le protestantisme sera plus fidèle à sa vocation en essayant de ramener l’an 2000 à l’écoute de la Parole, qui, par la bouche du Psalmiste, révèle l’insignifiance des calendriers humains au regard de l’Eternel : "Mille ans sont, à tes yeux, comme le jour d’hier… " (Ps. 90 : 4).

Le Musée du Désert, pour sa part, s’y efforcera d’autant plus, lors de son assemblée annuelle du 3 septembre prochain, que, dans son champ historique, il rencontre deux événements qui sont autant de mises en garde contre l’illusion des millénaires, contre la croyance aveugle en l’avènement d’une ère nouvelle lorsque ce sont les hommes qui en ont dressé l’arc-de-triomphe.

En 1686, le pasteur Pierre Jurieu (1637-1713), réfugié en Hollande, annonce aux protestants restés en France la fin imminente de leurs épreuves par la déroute de l’Antéchrist. L’abattement n’en devait être que plus profond par la suite.

En 1789, Rabaut Saint-Etienne (1743-1793), à son tour, va se faire l’annonciateur d’une délivrance surhumaine. Il avait travaillé à la rédaction de la Déclaration des droits de l’homme. Maintenant, il proclame ce qu’il appelle l’Evangile des droits de l’homme. Nul doute qu’il y voyait la prolongation ou, mieux, la projection de l’Evangile du Christ : c’était la Nouvelle Alliance où la nation allait se régénérer. Mais la route était encore longue.

Le passage orchestré au troisième millénaire avait tout ce qu’il fallait pour faire penser à l’apocalypse et susciter les associations ou contrastes d’idées qu’à tort et à travers le mot suggère : un bogue, un cataclysme ou l’apogée, voire l’apothéose (de nos œuvres). Mais, au Désert, l’Apocalypse est révélation. Une parole s’y fait entendre, très calme : "Voici, je fais toutes choses nouvelles" (21 : 5). Arrière les faux millénaires ! C’est dans l’inattendu de l’espérance et de la grâce que se déroule le siècle des siècles.

Le culte du matin, à 10 h 30, sera présidé par le pasteur Jean-Arnold de CLERMONT, Président de la Fédération Protestante de France. L’après-midi, on entendra les allocutions historiques de Hubert BOST, professeur à la Faculté de théologie protestante de Montpellier, et de Patrick CABANEL, professeur à l’Université de Toulouse - Le Mirail. Le message final sera donné par Irène DROIT, journaliste à Fréquence Protestante.

- Les textes de l’Assemblée du Désert 2000

Assemblée du Désert 1999

Thème : DE L’ÉDIT DE NANTES À LA PAIX D’ALÈS

L’Assemblée du 5 septembre 1999, au Mas Soubeyran, dans le Gard, marquera la clôture du cycle triennal que le Musée du Désert a consacré à l’édit de Nantes. Après l’édit de 1598, évoqué l’an passé, il s’agit de saisir cette année les lendemains de l’acte, sa première application jusqu’à la paix d’Alès en 1629. Un temps mal connu et passablement agité, où les textes signés à Nantes seront éprouvés sur le terrain.

Leur fragilité va apparaître dès l’assassinat de Henri IV, qui fait resurgir le cercle de la peur et de la haine et flamber à nouveau des guerres de religion, sous la bannière de Henri de Rohan. Fallait-il, pour écouter les messagers du roi, interrompre la reconstruction des murailles (Néhémie, 6 : 3) ? Le duc de Rohan, esprit politique, mais aussi général courageux, est la grande figure du protestantisme français dans cette période. Après les sièges meurtriers de La Rochelle et de Privas, Richelieu impose aux réformés sa "paix de grâce", la paix d’Alès : l’édit de Nantes est confirmé, mais avec l’ordre de raser les fortifications des villes soulevées ; les "places de sûreté" qui étaient, pour les réformés, la garantie de l’édit sont supprimées Dorénavant, point d’autre "sûreté" que le roi pour "ceux de la R.P.R".

Point d’autre paix ? "Si seulement tu comprenais, Jérusalem, ce qui peut te donner la paix ! …" Ce verset de Luc, 19 : 41, associé à l’annonce du prophète Zacharie (9 : 9-10, "Les arcs de guerre seront retranchés ; il parlera de paix aux nations"), sera le fil conducteur de la journée.

Le culte du matin, à 10 h 30, sera présidé par le pasteur Jean-Daniel CAUSSE, professeur à la Faculté de théologie protestante de Montpellier. L’après-midi, on entendra les allocutions de Liliane CRETE, historienne et de Henri ZUBER, conservateur aux Archives nationales. Le message final sera donné par Corine FINES, pasteur de l’Eglise Réformée Evangélique Indépendante de Nîmes.

- Les textes de l’Assemblée du Désert 1999

Assemblée du Désert 1998

Thème : L’EDIT DE NANTES : GRANDEUR et SERVITUDE

L’an dernier, le Musée du Désert avait appelé l’attention sur cette période du XVIème qu’avait marquée l’alternance des guerres et des paix de religion, dans l’attente d’un édit décisif. Et l’an prochain, il se propose de commémorer les années qui allaient être pour cet édit, jusqu’à la paix d’Alès en 1629, le premier test de son application.

L’année 1998 est l’année de l’édit. Partout en France, il est acclamé et les protestants participent à ce mouvement de joie nationale, de jubilé par tout le pays. L’édit du bon roi Henri IV n’a-t-il pas apporté la paix à tous les Français après les guerres de religion et n’est-il pas le premier du genre, dit-on, un édit de tolérance, assurant à la minorité protestante, en même temps que de douteux privilèges, la liberté de conscience et une certaine liberté de culte ?

Ce lieu commun consensuel autour de l’édit de Nantes est aujourd’hui discuté par certains des historiens. On peut observer que l’édit de Henri IV n’a peut-être pas été si neuf et si moderne. Ne s’agit-il pas d’un bricolage de textes antérieurs, de compromis adoptés sous la pression de rapports de forces, bien plus que par référence à un idéal ? On peut aussi constater que l’édit et l’application qui en a été faite n’ont pas freiné et ont même accéléré un déclin réformé, lié aux guerres et plus directement à l’effet Saint-Barthélémy. Car l’édit bloquait la carte des Eglises réformées en France, celles-ci étant cantonnées géographiquement, sans possibilité d’expansion, alors qu’il imposait le rétablissement de la religion catholique romaine en tout lieu du royaume.

Alors, pourquoi les protestants commémorent-ils l’édit de Nantes ? C’est qu’ils n’oublient pas que cet édit sans génie et porteur d’effets pervers a tout de même réussi à casser le cycle des violences entre chrétiens de confessions différentes, en les obligeant à coexister dans un millier de lieux, à s’habituer les uns aux autres. Et qu’il a assuré à la petite minorité protestante une protection dans la durée, permettant à "ceux de la religion prétendue réformée" de vivre selon leur conscience et de façonner, dans l’environnement d’un monde catholique, un christianisme alternatif, structuré par un rapport spécifique aux textes bibliques.

Bonne occasion, pour nous protestants, de réentendre une Parole aux multiples échos. Et de méditer ces deux versets, en consonance ou en contradiction avec une liberté en forme d’édit, l’un du Lévitique : "Vous publierez la liberté par tout le pays. Ce sera pour vous l’année du Jubilé" (25/10), l’autre de Paul : "Tenez donc fermes dans la liberté dans laquelle le Christ vous a mis…" (Galates 5/1).

Le culte du matin, à 10h 30, sera présidé par le pasteur Michel BERTRAND, Président du Conseil national de l’Eglise réformée de France. L’après-midi, on entendra les allocutions historiques de Janine GARRISSON, professeur émérite des Universités, et de Philippe CHARREYRE, de l’Université de Pau. Le message final sera donné par Elian CUVILLIER, doyen de la Faculté de théologie protestante de Montpellier.

- Les textes de l’Assemblée du Désert 1998

 
 
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