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Le Mas Soubeyran
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Retrouver ses ancêtres protestants

L’Etat civil protestant sous l’ancien régime.

Tout généalogiste se trouvant confronté à des ascendants protestants sous l’ancien régime se heurte parfois à l’absence de toute trace, conséquence du problème posé par l’Etat civil des protestants avant la Révolution. Après avoir rappelé les faits historiques, nous verrons comment essayer de retrouver les maillons manquants.

Pour bien comprendre, il est nécessaire de remonter dans l’histoire jusqu’au régime de l’Edit de Nantes (1598) dont la France a fêté il y a peu le 400ème anniversaire.

Les actes d’état-civil étaient alors gérés par les églises. La tenue des registres était assurée par les curés des paroisses et les pasteurs pour les protestants.

Louis XIV, avec les mots "un seul Roi, une seule loi, une seule foi" n’aura pas la même ouverture que son grand-père Henri IV. En révoquant l’Edit de Nantes en 1685, il supprime à la fois la liberté de culte pour les protestants mais aussi le protestantisme et son fonctionnement. Les conséquences sont nombreuses : beaucoup de Huguenots fuient la France vers les pays du "Refuge" où ils pourront vivre la foi interdite en France.

Ceux qui restent sont devenus "Nouveaux Catholiques", soit à cause des pressions d’une avalanche d’édits royaux qui privaient ceux de la R.P.R. (Religion Prétendue Réformée) de toute liberté civile, religieuse ou professionnelle, soit à cause des dragonnades qui arrachaient aux plus réfractaires, par la violence, l’abjuration qui en faisait dès lors des catholiques. Beaucoup de ces actes d’abjuration "de l’hérésie de Calvin" figurent dans les registres des paroisses catholiques.

Malgré les apparences, beaucoup de protestants ont abjuré du bout des lèvres et la foi continue à brûler dans les cœurs. Une Eglise de l’ombre, appelée « Eglise du Désert », clandestine, va se lever, et va célébrer en cachette, dans les endroits isolés, déserts, le culte interdit.

Ainsi se trouvent côte à côte deux organisations ecclésiales : l’une officielle, l’autre interdite, pourchassée, condamnée mais qui restera vivace jusqu’à ce que la révolution établisse la liberté de conscience. Le seul état civil reconnu est désormais géré par l’Eglise catholique.

Beaucoup de protestants se refusent à faire baptiser leurs enfants ou à célébrer un mariage devant le curé de la paroisse. Ce serait affirmer l’appartenance à une doctrine qu’ils rejettent. Les baptêmes, les mariages vont être célébrés par les pasteurs itinérants, "au Désert". Ils seront inscrits sur des registres sans aucune valeur légale, mais pièce à conviction mortelle pour qui les détient. Des extraits sont libellés sur de petits billets, ou sur les pages des bibles familiales.

De telles pratiques sont sévèrement condamnées : peine de galère ou de prison, fortes amendes (souvent 1500 à 2000 livres, soit 7.000 à 10 000 € d’aujourd’hui) ou séparation des ménages considérés comme concubins. Les enfants, assimilés à des bâtards sont privés d’héritage. On force les parents à les faire baptiser sous peine d’enlèvement et de détention dans des couvents.

Pour marquer une union, les couples ont souvent recours au notaire qui enregistre la promesse de mariage. Quelques protestants vont quand même voir le curé qui célébrere le baptême ou le mariage, donnant une existence légale à l’enfant ou au couple, puis ils iront dans une assemblée clandestine où le pasteur officiera selon "la discipline des églises réformées".

Il faut attendre novembre 1787 pour que Louis XVI signe l’Edit de Tolérance. Il apporte aux protestants la reconnaissance d’une existence légale. Pour ce faire l’Etat-civil devient pour eux laïque, prémices de l’organisation post-révolutionnaire. Les protestants peuvent faire enregistrer leur état-civil clandestin en montrant leurs documents jusque là sans valeur légale.

Pour retrouver des noms, des dates et des lieux en France, il convient donc de fouiller tous les éléments qu’ont laissés ces protestants clandestins. Registres des pasteurs, extrait d’état civil pour un mariage ou un baptême, acte notarial, mention dans une Bible, procès ou condamnation "pour cause de religion", actes de « légalisation » de l’état civil clandestin à partir de l’Edit de Tolérance (1787)….

On peut analyser, auprès des Sociétés Huguenotes, les listes des réfugiés pour cause de religion dans les pays étrangers où on pouvait vivre la foi réformée (Suisse, Allemagne, Hollande, jusqu’en Afrique du sud, en passant par le Canada ou le "Surinam", …).

On peut aussi prendre contact avec le Service Généalogie de la Société de l’Histoire du Protestantisme Français, 54 rue des Saints Pères à Paris (75007). Beaucoup de noms cités dans les documents des Musées protestants y ont été recensés.

La Société de l’Histoire du Protestantisme Français publie, depuis 1852 des bulletins historiques. Un index de noms permet de retrouver facilement les articles citant tel ou tel personnage.

Nous avons mis deux listes en ligne, constituées à partir des sources en notre possession : la liste des galériens pour la foi, et la liste des prisonnières huguenotes de la Tour de Constance.

Pour en savoir plus sur ce sujet, visitez également ce site : http://huguenots-france.org/

En anglais : http://www.genealogyforum.com/gfaol/internet/Huguenot.htm

 
 
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